Un emploi du temps basé sur le rythme des enfants.

Lorsqu’on évoque l’instruction en famille à des personnes que l’on rencontre pour la première fois, la question qui revient souvent est celle de l’organisation de la journée. Quelle place prend l’école à la maison ? Combien de temps cela prend-il ? Est-ce à heure fixe ou pas ?

Chez nous, l’organisation de la journée est basée sur le rythme de l’enfant et ses envies.  C’est à dire que nous laissons à nos enfants le soin de se lever quand ils le souhaitent et de faire les activités qu’ils souhaitent quand ils le souhaitent si cela colle avec le timing des repas et des siestes/nuits. En fonction de cela, on peut définir une journée type, même si les variantes peuvent être différentes selon les humeurs ou la fatigue.

Le lever se fait entre 7h00 et 9h00. Marion partant au travail entre 7h00 et 8h00, il n’est pas rare qu’elle ne voit pas les enfants le matin.

Lorsque Louna se réveille, il n’est pas rare qu’elle se dirige directement sur sa table de « travail » pour dessiner ou écrire quelques mots. Lorsqu’elle est bien réveillée, elle prend son petit déjeuner. Son petit frère, lui, est déjà rassasié et vagabonde dans le salon à la recherche de petites choses à se mettre sous les dents.

Siméon, qui aura 1 an le 23 octobre prochain, retourne à la sieste assez rapidement, entre 8h00 et 9h00 selon son heure de lever. En général Louna a fini de prendre son petit déjeuner et est prête pour « travailler ». Je profite de ce temps de sieste pour faire des activités avec Louna. Pour l’instant, c’est  un mélange d’écriture, de mathématiques (nous en sommes aux additions et soustractions simples, jusqu’à 10) et de lecture.

A partir de 10h00 je dois me mettre en cuisine pour préparer le déjeuner. Là, Louna  s’occupe toute seule et dessine, lit ou perfectionne son écrit. Dès que Siméon se réveille, ils jouent tous les deux jusqu’à 11h00, l’heure à laquelle Siméon déjeune.

Nous déjeunons avec Louna à midi. Elle joue ensuite avec son frère jusqu’à 13h00-13h30 environ. Là, tout le monde à la sieste. Siméon va dormir au moins deux heures. Louna, elle, dort en fonction de ses besoins (parfois pas du tout, parfois 1 heure, parfois deux ou plus).

Lorsque tout le monde est réveillé, c’est souvent l’heure des activités « extra scolaires » : danse le lundi, tennis le mardi, éveil musical et violon le mercredi. Autrement ils jouent chacun de leur côté ou ensemble alors que je prépare le repas du soir et fait un peu de rangement dans la maison.

A 19h00 nous mangeons tous et sommes prêts lorsque Marion revient du travail (entre 19h30 et 20h30 selon les jours). Marion arrive généralement pour coucher Siméon, puis Louna après la lecture d’une dernière histoire (une lue par Marion et une lue par Louna).

Voilà en résumé à quoi peut ressembler une journée chez nous. Comme je le disais au début de cet article, elles sont vraiment cadencées par le rythme de nos enfants et leurs envies. Il est arrivé à Louna de vouloir lire et écrire toute la journée, de 8h00 du matin jusqu’à 20h00 le soir. Cela n’a duré que trois jours mais les progrès ont été immenses tant l’envie était grande. A l’inverse, il est arrivé que Louna n’ait absolument pas envie de « travailler ». Elle avait ces jours-là des choses bien plus importantes à faire : une construction de kaplas à finir, une ribambelle de poupées à s’occuper ou des cartes à trier. Je l’ai laissé vaquer à ses occupations, sachant très bien que cela fait partie de son apprentissage.

Ce rythme semble convenir à tout le monde, parents comme enfants. Les enfants ne sont pas bousculés et font ce que bon leur semble quand ils le souhaitent, à condition de respecter les heures des repas et des siestes/couchers. Pour moi, la chose la plus agréable est certainement de ne pas avoir à réveiller mes enfants. Les réveils se font en douceur et, une fois levés, les enfants ont tout le temps d’émerger. Je pense très souvent à ce que me disait une institutrice aujourd’hui à la retraite. Elle m’expliquait que, lorsqu’ils recevaient les enfants à 8h30 du matin, ceux-là avaient déjà entendu au moins 20 fois les mots « dépêche-toi ». Nous sommes dans une société où chacun de nous court après le temps. Ce fut notre cas pendant de nombreuses années avec la construction du cabinet de kiné de Marion puis l’extension de la maison. Aujourd’hui, nous pouvons enfin prendre notre temps, et laisser nos enfants vivre à leur rythme. Lorsque j’entends nos petits voisins descendre l’escalier en bas de chez nous pour aller à l’école, alors que mes enfants dorment encore d’un sommeil bienfaiteur, je ne peux m’empêcher de penser que, rien que pour ça, nous faisons le bon choix pour nos enfants. Et ce n’est pas parce qu’ils se lèvent plus tard que les autres que nous leur donnons des habitudes de fainéants. La journée qui suit est bien plus productive pour eux, à en voir les progrès que Louna a fait en quelques semaines dans les apprentissages de base. Sans compter toutes les activités qu’elle peut faire (danse, musique, tennis) alors que les autres enfants, épuisés par le rythme de l’école, doivent se limiter à une voire deux activités. Et lorsque vient le soir, il n’est pas question de devoirs ni de leçons à réviser. Lorsque Marion revient du travail, elle n’a que des bons moments à passer avec ses enfants ; le temps passé avec eux n’est pas pollué par des obligations scolaires (devoirs ou heure du coucher dictée par celle du réveil à venir). Il en est de même pour les week ends.

Notez que je met le terme de travail entre guillemets, car le fait d’apprendre à lire, écrire et compter est avant tout une plaisir pour Louna. Lorsque je lui demande : « tu veux faire du travail ? » et qu’elle me répond, en tapant des mains : « oh oui, du travail, du travail, du travail ! », on comprend que ce terme n’a pas la même connotation négative qu’elle peut avoir chez la plupart des adultes. Et je ne suis pas certain que les enfants qui vont à l’école aient la même réaction lorsqu’on leur demande : « tu veux aller à l’école ? » ou « tu veux faire tes devoirs ? »

En dehors de ces journées à la maison, il faut noter aussi que le jeudi est réservé aux « mamies », et qu’il arrive régulièrement que la nounou ait de la place pour les prendre  une journée complète de temps en temps. Ce sont pour moi des journées où je peux travailler sur la maison ou simplement prendre du temps pour moi. Ces journées sont précieuses ; elles me permettent de me ressourcer et de ne pas entamer mon capital de patience, la chose la plus importante pour pouvoir faire l’instruction en famille sereinement (je développerai sûrement ce point là lors d’un prochain article)

Au final, nous avons le sentiment de moins courir depuis quelques temps. Le fait que tout le monde soit reposé et non stressé par un emploi du temps surchargé permet de passer les journées plus sereinement. Tout le monde y gagne, et l’apprentissage se fait d’autant mieux.

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