La fin de l’IEF ? La marque d’un Etat totalitaire.

En mars 2018, Emmanuel Macron annonçait vouloir rendre l’école obligatoire. Je m’étais à l’époque offusqué face à cette erreur volontaire de langage qui traduisait sa volonté qu’un maximum d’enfants aillent à l’école. L’école n’étant pas obligatoire en France, et ceci étant inscrit dans la constituion, il ne parlait évidemment pas de l’école au sens stricte mais bien de l’instruction.
En ce début de mois d’octobre 2020 nous découvrons avec stupeur qu’en réalité, il parlait bien de l’école. Il lui fallait juste un peu de temps pour arriver à ses fins, mais oui, en mars 2018 Emmanuel Macron souhaitait bien rendre l’école obligatoire, et non pas simplement l’instruction.

Comme je ne suis pas collé à la radio du matin au soir, c’est mon beau-père qui m’a annoncé la nouvelle au téléphone. Surpris, je suis allé chercher l’information sur internet et je suis tombé sur un article que je ne comprenais pas. On y parlait de séparatisme, d’islam radical. Et au milieu de tout cela, on nous expliquait qu’effectivement, pour lutter contre cela, Macron souhaitait interdire l’école à la maison… En remontant en haut de l’article, je revoyais la photo d’illustration : Emmanuel Macron en train de parler, avec écrit derrière en grosse lettre les mots « Liberté, égalité, fraternité ». Et là, je me suis dit que quelque chose clochait. Il y a dans cette photo un mélange d’insolence, de mépris, de trahison et de toute puissance. L’homme qui discourt ne colle pas avec les concepts qu’il est sensé défendre. Sous couvert de liberté, d’égalité et de fraternité, il nous asservit encore un peu plus, ils nous étouffe davantage, jusqu’à ce que nous n’ayons plus la force de crier. Peut-être avons-nous encore assez d’air, alors crions.
Il n’y a aujourd’hui qu’un lieu où des hommes et des femmes sont contraints d’aller contre leur grès : la prison. Lorsque la justice condamne une personne pour un acte grave, elle doit aller en prison pour y purger une peine, plus ou moins longue selon sa faute. Dès l’an prochain, sous prétexte de leur âge (entre 3 et 16 ans), des millions d’enfants seront contraints d’aller à l’école sans aucune autre possibilité. Voilà ce qui se cache derrière le mot « liberté » prôné par notre république, et voilà comment nos enfants se retrouvent avec le même statuts que celui des prisonniers.

Monsieur Macron a fait cette annonce lors d’un discours sur les séparatismes. Ainsi, selon lui, les personnes souhaitant faire l’école à la maison à leurs enfants sont anti-républicains. Pourtant, en rendant l’école obligatoire pour tous, cela va contre la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui garantit aux parents le libre choix du mode d’instruction de leurs enfants. Cela va également contre la déclaration universelle es droits de l’homme qui autorise chaque parent à instruire son enfant comme il le souhaite. Et le droit à l’instruction en famille est inscrit dans la constitution et il est aujourd’hui très bien réglementé. Ainsi, les enfants qui ne vont pas à l’école doivent faire l’objet d’une déclaration auprès de la mairie et auprès du rectorat, et sont soumis à des contrôles : contrôle annuel du rectorat et contrôle tous les deux ans de la mairie. C’est comme cela que nous avons été contrôlés l’an passé par un inspecteur d’académie accompagné d’une conseillère pédagogique. Nous leur avons ouvert les portes, ils ont pu parler à Louna sans aucun filtre et ont constaté l’environnement dans lequel elle évoluait. Nous avons ensuite reçu un rapport résumant notre entretien. En aucun moment ils n’ont constaté un quelconque séparatisme ou islamisme radical à la maison. Ils ont découvert une petite fille apprenante, épanouie, curieuse et polie. En 2003, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), a fait le constat que la « suspicion de dérive sectaire n’est apparue que très rarement lors des contrôles pédagogiques » Trois ans plus tard, en 2006, l’agence gouvernementale allait dans ce sens en disant qu’il fallait bien se garder de faire un quelconque amalgame entre les parents qui instruisent leurs enfants à domicile er des dérives sectaires. (source : Wikipédia). Qu’en est-il de ces rapports ? Pourquoi a-t-on un discours inverse quelques années après ?

Le séparatisme est en fait une excuse pour M. Macron. La réalité est que le confinement que nous avons subi au printemps a fait prendre conscience à des milliers de famille qu’une instruction différente était possible pour leur enfant, et qu’un mode de vie différent était également possible. De nombreux foyers se sont rendus compte que leur enfant était bien plus épanoui lorsqu’il n’allait plus à l’école, et qu’une vie plus simple, centrée sur son foyer et non pas sur le travail et le consumérisme, pouvait être possible. Lors de la rentrée 2020, de nombreuses familles se sont alors tournées vers l’instruction en famille. M. Macron doit avoir peur d’une hémorragie. Le système éducatif français est à bout de souffle. Les classes sont surchargées, les profs et instits sont épuisés, déprimés, méprisés, les enfants y sont pour partie harcelés (environ 15%) et le niveau scolaire tend à baisser comme le montre la plupart des études. Au lieu de repenser l’école pour qu’elle soit plus adaptée aux enfants de notre République, M. Macron préfère freiner tout élan d’émancipation, pour pouvoir toujours garder la main sur le troupeau. Comme il a peur de perdre le contrôle et qu’une remise en question de l’éducation demanderait trop d’effort, il préfère couper court aux débats et interdit purement et simplement ce qui était jusque-là un droit élémentaire de notre société.

Le même jour j’entendais sur France inter le réalisateur David Dufresne parler de son film Un pays qui se tient sage qui évoque les violences policières. Il expliquait notamment que depuis peu, les journalistes doivent également quitter les manifestations lorsque les CRS ordonnent la dispersion des manifestants (voir l’article dans Libération. Ainsi, les policiers pourront tabasser sans qu’aucun journaliste ne puisse témoigner. Et si un journaliste déroge à la loi, il pourra lui aussi être tabassé car, de fait, il n’avait rien à faire là. L’information n’a plus le droit de circuler. Peu à peu les libertés disparaissent, et les piliers de la démocratie s’affaiblissent un à un.

Je le dis avec force et conviction : nous nous approchons tranquillement mais sûrement vers un Etat totalitaire, et le prétexte du covid n’a fait qu’accentuer le mouvement.  En effet, quel Président qui se dit démocrate peut outre passer ces trois texte de référence, qui sont la déclaration des droits de lhomme, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et notre Constitution ? Et regardez autour de vous. On ne se sert plus la main, on abrège toute discussion, on n’ose plus se réunir entre amis, on ne manifeste plus, on ne se regroupe plus. Et maintenant on oblige à chacun de nos enfants à aller à l’école, pour apprendre ce que le gouvernement décide de lui inculquer. Tout ce qui constitue une démocratie disparaît, laissant la place à des principes dictatoriaux.

Ces propos peuvent paraître exagérés. Je le pensais encore il y a quelques semaines lorsque j’écoutais des amis plus avisés que moi me parler de la situation. Et pourtant aujourd’hui je suis amené à penser comme eux. Je ne peux m’empêcher de repenser aux propos d’un ami clermontois qui me disait, lors de la mise en place de l’état d’urgence suite aux attentats en 2015, qu’aucun pays ne faisait marche arrière en terme de liberté. Le jour où on perd une liberté, celle-ci est perdue pour toujours même si on nous promet que la situation n’est que temporaire. L’état d’urgence a duré plus de deux ans et s’est terminé avec la loi antiterroriste (promulguée par E. Macron) qui a transposé dans le droit commun la majorité des règles de l’état d’urgence. Nous sommes donc de fait dans un état d’urgence permanent depuis 2015. Nous avons tant perdu depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, et il ne faut pas mettre tout sur le dos d’évènements extérieurs. De nombreux pays ont pu gérer des crises sans restreindre le champ de liberté de ses citoyens. Peut-être nous faudra-t-il nous en rapprocher si le combat s’avère inutile. Mais avant cela nous ferons notre possible pour faire en sorte que nos enfants ne finissent pas derrière les barreaux de l’école. C’est l’objet de ce texte, auquel j’espère que beaucoup d’entre vous adhéreront. Car nous enlever le droit d’instruire nos enfants, c’est ouvrir une grande porte sur la restriction des libertés de chacun d’entre nous.

Pour illustrer mes propos, je vous laisse découvrir une chanson que j’ai écrite sous le coup de la colère et qu’un ami, Laurent Raynal, a bien voulu interpréter. Vous reconnaîtrez « Le déserteur » de Boris Vian, remanié pour les circonstances 65 ans plus tard. C’est mon premier écrit pour une chanson, je vous demande un peu d’indulgence !
Monsieur le Président

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