Chapitre 15 : Monotonie (Argentine et Chili)


Chapitre extrait du livre « Cap sur Ushuaia » relatant mon voyage à vélo entre Lima (Pérou) et Ushuaia (Argentine)

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Cap sur Ushuaia, récit d'un voyage à vélo en Amérique du Sud

Deux jours durant je traverse des paysages ennuyeux où seuls des condors font diversion. J’avale des lignes droites interminables et je lutte contre le vent. C’est ainsi que j’arrive à Belén. Je m’arrête à la première épicerie pour acheter du pain. J’y rencontre les trois Julio : Julio le timide, Julio le jovial, Julio le farceur. Ils boivent à la fraîcheur qui ne vient pas. Outre leur nom, ils ont comme point commun un ventre gonflé par la bière. Nous discutons et très vite la scène prend un air de Serbie, où les verres remplis de bière défilent sans que je puisse les compter. Après une heure passée en leur compagnie il n’est plus question de partir, je suis bien incapa­ble de manœuvrer Teresa. Qu’à cela ne tienne ! Ils m’offrent à manger et bien sûr d’autres bières. Je finis par planter la tente chez le voisin. La nuit est agitée. Les enfants font la fête. Guitare, tam-tam, violon et synthétiseur vont m’empêcher de dormir. Le canal auprès duquel je me suis installé a débordé durant la nuit. Je m’étais couché sur une belle prairie ; je me lève dans une baignoire boueuse. Toute la journée j’avais rêvé d’inondations en longeant ou traversant des lits de rivières asséchés, me voilà servi !

Je prends mon petit déjeuner avec le groupe de jeunes fêtards. Léon est le fils de la maison. Il a dix-sept ans et m’explique que lui et ses amis ont créé une association pour lutter contre l’exploitation des mines alentour. Mines d’or dont tous les capitaux sont étrangers et qui polluent la région en rejetant du cyanure, poison utilisé pour séparer l’or de la pierre. Le jeune homme prend son rôle de citoyen très au sérieux. Créée il y a deux ans, son association compte aujourd’hui dix membres âgés de quinze à dix-neuf ans. Je suis agréablement surpris de voir qu’ici des adolescents se préoccupent de choses aussi importantes que l’écologie.
Son ami violoniste captive mon attention. Encore très éner­gique à six heures du matin malgré une nuit blanche, ce virtuose active son archet avec entrain tout en chantant l’histoire d’un vagabond. Son regard accroche le mien. Nous ne nous quittons pas des yeux durant la chanson ; les paroles remplissent mon cœur de nostalgie et d’amour. Je les quitte ému et troublé par cette dédicace improvisée.

Il me faut encore deux jours pour arriver à Nonogasta. J’apprends qu’une rivière coule non loin de là sur la route allant à Villa Unión. La chose est assez rare, je ne veux pas la louper. Cela fait longtemps que je n’ai pu me baigner en pleine nature. Depuis la Bolivie en réalité. J’ai bien croisé de gigantesques lits de rivières, qui attendent depuis trois mois les pluies diluviennes pour se remplir. Aussi secs que les paysages qui les entourent, ils ont été plus source de frustra­tion que de plaisir, et ont renforcé mon besoin de me baigner dans une eau limpide et froide. Je me dirige avec nervosité vers la fraîcheur promise.
Après quinze kilomètres je traverse un pont en dessous duquel coule une eau limpide. Je me réjouis d’avance ! Au bord se trouve un camping : la barrière est ouverte, le lieu désert. Je me blottis avec délice dans le lit de la rivière. J’ai espéré ce moment pendant plus de deux mille kilomètres. Je reste un long moment à m’y rafraîchir, à crier de joie, à laver mon linge et ma peau en sueur. L’après-midi est déjà bien avancé lorsque je quitte mon bain.
Le site est bien équipé. Je trouve une table suffisamment large et ombragée. Le banquet peut commencer. En version camping, je prépare l’équivalent d’un « tenedor libre » (littéralement « fourchette libre » : restaurant que l’on trouve dans les plus grandes villes et qui offre un repas à volonté pour une vingtaine de pesos). Je me rassasie de pain, saucisson, fromage, facturas (pâtisseries), dulce de leche, pâtes, petits pois, oranges, pommes, brugnons, mantecol… Je sors de table trois heures plus tard et installe mon campement plus loin pour ne pas avoir à payer.

*

Mis à part la Cuesta de Miranda qui offre au regard un profond canyon, les paysages sont de nouveau insipides jusqu’à Villa Unión. Ce sont plus ou moins les mêmes que je traverse depuis Cafayate, ennuyeux à mourir, secs, chauds, désolés et désolants.
A partir de Villa Unión, je roule de surprise en surprise. Alors que ma carte m’annonce la présence d’un parc régional, le Talampaya, un panneau m’indique qu’il s’agit en réalité d’un parc national. Quelques mètres plus loin, un autre panneau indique qu’il est enregistré au patrimoine mondial de l’Unesco. Enfin, un dernier écriteau annonce l’accès à la principale curiosité du site, un canyon, sept kilomètres plus loin. J’entre sans savoir ce qui m’attend.
La gestion du lieu est originale. L’entrée payée (vingt pesos pour les étrangers, sept pour les Argentins), il me faut obligatoirement prendre un guide. Il est interdit de se prome­ner seul dans le parc, que ce soit à pied, à vélo ou en voiture. Ce n’est pas un organisme de l’Etat qui assure les excursions mais une compagnie privée concessionnaire du site. Voilà comment ce parc national, classé à l’Unesco depuis l’an 2000, se trouve privatisé ! Les visiteurs Argentins que je rencontre ne sont pas surpris de ce fonctionnement. Pour eux, l’Etat est incapable de gérer quoi que ce soit. Alors privatiser ce patrimoine national et mondial permet d’en assurer la protection et la pérennité… Depuis trois jours, ils ont élu une femme au pouvoir ; ils n’ont pas beaucoup d’espoir dans leur nouvelle présidente. La corruption semble bien ancrée dans les mœurs politiques, au désespoir du peuple argentin…
Je ne suis pas autorisé à visiter le parc avec Teresa comme je le souhaite. Les vélos prévus à cet effet se trouvent à treize kilomètres, et je ne peux m’y rendre seul à cause du règle­ment. Je devrais emmener un guide avec moi jusque-là. Evidemment, aucun n’accepte de monter sur Teresa. Ainsi, les excursions à vélo ne peuvent se faire que si l’on vient en voiture. On prend alors un guide à l’entrée et on le transporte treize kilomètres plus loin pour récupérer les bicyclettes… Je me résous donc à faire une excursion en véhicule motorisé, ce qui est une atteinte à l’environnement.
Spectaculaire, le canyon atteint cent cinquante mètres de profondeur. Nous circulons dans un ruisseau asséché bordé de parois rouges verticales. Par endroits, des colonnes se sont détachées. L’Arbre de Pierre du Sud Lipez apparaîtrait bien petit à côté de ces géants. L’un d’eux porte le nom de moine. Sa tête ne tient plus que par un petit bout de roc. Il faudra pourtant encore des centaines d’années avant qu’il soit déca­pité. Car l’érosion est lente, l’eau n’agissant que très peu : il pleut en moyenne quatre-vingts millimètres d’eau par an, répartis de décembre à mars sous forme de pluies torrentiel­les. L’eau dévale de la montagne, sculpte d’énormes chemi­nées dans la paroi et remplit le lit des rivières. Elle est rapide­ment absorbée par le sol asséché. Quelques heures suffisent pour que les véhicules puissent à nouveau circuler. Le reste du temps, seul le vent égratigne les parois et sculpte les paysa­ges à sa guise.
De retour à l’entrée du parc je mets en pratique mon apprentissage de la culture argentine et fais la sieste jusqu’à 18 heures, attendant que la chaleur suffocante se dissipe. Puis le parc ferme ses portes et je m’en vais dormir sous un pont, à l’abri du vent toujours violent en ces fins de journées.
Le lendemain je quitte la zone élargie du parc sous le regard d’un couple de condors. Haut dans le ciel, ils virevol­tent en dessinant de larges boucles, comme pour remercier le touriste de s’être arrêté, ou bien de s’en aller.

Non loin de là il existe un autre parc national, celui de la Vallée de la Lune. Le nom illustre la désolation des paysages traversés. Trop attiré par la vallée qui suit, la Vallée fertile, je ne m’arrête pas. Que se cache-t-il derrière ce nom évocateur ?
C’est une forte odeur de bouc qui m’accueille. Je n’en devine pas l’origine : serait-ce le symbole de la fertilité pour les Argentins ? San Agustín del Valle Fértil est une ville de six mille habitants d’une grande tranquillité. C’est l’heure de la sieste. Enfin, pas pour tout le monde. Un groupe d’ivrognes se désaltère en buvant du vin glacé. Ils m’invitent à les rejoindre en me tendant le pichet. J’acquiesce en tendant ma gourde. Commence alors une discussion confuse. Ils éprou­vent de grandes difficultés à formuler correctement une phrase. L’un d’eux parvient tout de même à me dire que je suis invité par le patron de l’épicerie située derrière nous. Celui-ci, beaucoup plus sobre, m’offre en guise de bienvenue quelques empanadas (chaussons farcis de viande) et un plat de tripes. Ce geste montre à lui seul la générosité des Argen­tins. Le manque de fraternité des Boliviens m’avait peiné, en contrepartie je découvre ici la chaleur d’un peuple envers les étrangers. Ce sera un plaisir de vagabonder de village en village (même séparés par soixante-dix kilomètres de paysage morne), pour découvrir chaque fois de nouvelles personnes intéressantes et souriantes m’invitant à aimer leur pays.
Je retourne voir les buveurs de vin. Ils m’indiquent que non loin de là une cascade jaillit de la montagne et se jette dans un lac. Deux enfants croisés en chemin me disent que, si la cascade est à sec depuis longtemps, je peux néanmoins me baigner dans le lac. Je m’en contenterai, la simple idée de me baigner me ravit déjà. Mais sur place, les vaguelettes charrient du crottin de cheval, l’eau est marron, les mollusques d’un rose fluorescent qui recouvrent les rochers signalent une forte pollution. Frustré et déçu, je plante ma tente sur les berges sans me baigner…

Je suis dans la vallée fertile. Les arbustes sont devenus arbres, le gris est devenu vert, le sable est devenu terre. Cepen­dant, cet endroit ne représente pas exactement ce que j’attendais d’une vallée fertile. Les ruisseaux sont à sec, les arbres présentent des aiguilles surdimensionnées, la chaleur étouffante me grille sur place tel un asado (barbecue, spécia­lité argentine). Les mulets, nombreux, semblent bien adaptés aux conditions climatiques à en croire leurs ventres ronds. A l’opposé, les chevaux sont faméliques, plus squelettiques qu’un cyclovoyageur sortant de Bolivie. On en trouve beau­coup sur les bas-côtés, les os blanchis par le soleil : squelettes attendant de se faire ensevelir dans le sable.
Astica se situe à quarante kilomètres de San Agustín. De nombreux panneaux indiquent la production artisanale de dulces de marque Mar Flor. Que sont-ils ? Je m’arrête à la casa 5 où Mirta m’accueille à la manière argentine, avec un large sourire. Elle m’explique que dans cette vallée sont produits quantité de fruits : raisins, pommes, nectarines, oranges et des citrons particuliers difformes et obèses tels que le Lima ou le Cidra. Mirta en fait des dulces, c’est-à-dire des confitures et des fruits confits. Elle me fait goûter le Cidra. Ce citron doux se mange avec du fromage. Le mélange salé sucré est délicieux.
Après Astica, les arbres redeviennent arbustes, le vert rede­vient gris, la terre redevient sable. La vallée se poursuit pourtant, mais n’a de fertile que le nom. Avec seulement deux cent cinquante millimètres d’eau par an, c’est sans doute une des vallées fertiles les plus arides au monde.

Dans cette région monotone je n’ai pour seule compagnie que les mouches et les fourmis. Alors que les premières m’agacent à longueur de journée, les secondes m’intriguent. A chaque arrêt j’épie le sol avec attention et en apprends chaque fois plus sur ces insectes qui se font un festin des miet­tes de mes repas. Observer ce monde si petit est apaisant. Elles apprécient le fromage et le pâté : elles le consomment sur place en nettoyant avec soin les emballages de mon garde-manger. Les miettes de pain et les pépins d’orange sont emportés. En revanche les peaux d’orange trop grosses leur posent quelques problèmes. Elles doivent les découper sur place à l’aide de leurs pinces avant de les transporter plus loin. La fourmi est épatante. Aucun animal sur terre ne semble aussi fort. Chargée de nutriments bien plus lourds qu’elle, cette forcenée traverse avec vivacité d’immenses pier­riers, trébuche en se relevant sans cesse, aide ses partenai­res, gravit des montagnes, se joue des parois verticales. On dit qu’elle peut porter jusqu’à soixante fois son poids. Si elle avait notre taille, elle pourrait porter l’équivalent de cinq tonnes en se déplaçant sur de nombreux kilomètres et même en escaladant des montagnes. Imaginez-vous en train grimper au sommet du mont Blanc avec une camionnette sur le dos ! La fourmi, elle, pourrait le faire ! Cette simple pensée me fait sourire lorsque le vent m’empêche de progresser. L’homme est bien faible…

Avant d’arriver à Marayes, un camion me double puis s’arrête. Ses deux occupants, deux gros gaillards mal rasés, en descendent et me somment de m’arrêter. Penaud et quelque peu inquiet, je m’exécute. Ils m’offrent alors deux bouteilles d’eau glacée, quelques fruits et un paquet de biscuits. Il fait quarante degrés, je reçois leurs cadeaux avec joie. L’un d’eux explique à son compagnon que j’effectue un tour du monde. Comment le sait-il puisque je n’ai pas encore rencontré de journaliste en Argentine ? J’apprendrai plus tard qu’un journal local évoquait la semaine précédente le passage d’un cyclovoyageur belge. Toute la famille des cyclistes béné­ficie de la communication d’un seul !

*

Les jours se suivent et se ressemblent. Je pédale la tête dans le guidon pour éviter de voir des paysages invariables. Puis j’arrive à une limite régionale. Contrôle sanitaire. L’Argentine est un pays tellement grand que le transport des fruits, des légumes, des produits laitiers et de la viande, est réglementé pour éviter toute propagation d’épidémie ou de virus. Les autorités me demandent de me débarrasser de tout aliment frais d’origine animale ou végétale. Je suis contraint de manger sur place mes cinq oranges et mes trois pommes. Je suis à midi à Difunta Correa. Une odeur de barbecue emplit la ruelle principale du village. Dans ce haut lieu touristi­que, les Argentins sont occupés à préparer des asados. Près de la place centrale, deux enfants m’accostent. Ils veulent s’occuper de ma bicyclette en échange de quelques sous. Je leur explique que je n’ai besoin de l’aide de personne. L’un d’eux me demande d’où je viens :
– De France.
– Comment est le dollar dans ton pays ?
La question me surprend. Je lui demande s’il sait au moins où se trouve la France. Il n’en a aucune idée. Avant de se préoccuper de la monnaie d’un pays, peut-être devrait-il essayer de le localiser. Au lieu de cela, âgé d’à peine huit ans, il ne voit en l’étranger que l’argent qu’il peut transporter. Le touriste et le dollar ; le politique et ses sacs de riz. Je repense à Placebo…

Je m’arrête sur la place centrale devant deux hommes d’aspect accueillant. Valentin est le plus volubile. Il me tend un verre, le remplit de vin, puis de cola argentin, le plus mau­vais qui existe. Après avoir trinqué, il m’explique l’histoire de la Difunta Correa. La légende dit qu’une femme, Maria Antonia Deolinda Correa, désespérée de voir partir son mari recruté de force par l’armée, a suivi ses traces avec son bébé. Arrivée dans le désert de San Juan elle est morte d’épuisement, sa progéniture dans les bras. Des bergers la retrouvèrent plusieurs jours après. Son enfant était toujours vivant, allaité par le sein de sa mère décédée. Ils enterrèrent la femme sur place, et plusieurs miracles eurent lieu à cet endroit par la suite. Des pèlerins commencèrent à s’y rendre pour chercher une protection en échange d’une promesse. Depuis ce lieu est sacré. Sur la butte où est morte Deolinda Correa, la statue la représentant à l’agonie attire chaque année des milliers de pèlerins. Les Argentins et d’autres personnes du monde entier viennent y faire des voeux : promesse d’un mariage, promesse de revenir… Ils déposent aussi des offrandes. On y voit des centaines de petites chapel­les, de plaques de marbre et des milliers de plaques d’immatriculation. Car la tradition veut que lorsque vous venez ici, vous devez laisser votre plaque pour que la Difunta Correa protège votre voiture. Si vous ne le faites pas, il vous arrivera malheur. Valentin avait promis de revenir ici chaque année pour manger du poulet ; son fils choisissait d’emmener sa fille. La petite dernière de la famille âgée de sept mois a le visage illuminé par de grands yeux ouverts sur la vie. Elle vient de monter au sommet de la butte de Difunta Correa. La tradition traverse les générations sans aucune égratignure.
En plus du vin, ils m’offrent quelques ailes et cuisses de poulet ainsi que cinq pesos. Je les refuse en vain, je dois repar­tir avec. Je les quitte après le déjeuner et continue ma route pour Caucete. J’y arrive rapidement et passe l’après-midi à me prélasser, attendant l’ouverture des boutiques. A 18 heures la sieste est finie, les rideaux de fer se lèvent. Il m’est enfin possible d’acheter un peu de nourriture. Je m’installe ensuite sur la place centrale. Elles sont identiques d’une ville à une autre, avec un robinet d’où coule de l’eau potable mais peu fraîche, de l’herbe sur laquelle jouent les enfants et des bancs où se regroupent les adultes. Dans la main gauche l’un d’eux porte un mate, et sous le bras droit un thermos, à l’endroit où le Français placerait une baguette de pain. Le mate vidé, il le remplit de nouveau et l’offre à son voisin. Ainsi passent les minutes et les heures, en buvant et bavardant pour se remettre de la sieste qui fut longue.
Une fois restauré je me décide à appeler Ivana, une cyclo­touriste habitant San Juan. Elle avait rencontré Christophe Vuillod à El Calafate. Il s’était fait voler sa tente et Ivana lui avait prêté la sienne. Quelques mois plus tard elle le rejoignait en Nouvelle-Zélande puis le suivait à vélo dans la monta­gne himalayenne. J’aurais déjà dû la rencontrer par deux fois, en Nouvelle-Zélande et en France, mais c’est finale­ment en Argentine que nous ferons connaissance : elle m’invite à la rejoindre chez elle dès ce soir. Il fait nuit lorsque je pars à sa rencontre.

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Récit d'un voyage à vélo en Amérique du sud