Chapitre 67 : Voyage voyage (Australie)


Chapitre extrait du livre « Nouvelles vagabondes » relatant notre aventure cyclopédique entre la France et la Nouvelle-Zélande.

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Nouvelles vagabondes, récit d'un voyage à vélo en Asie

Pourquoi ne prenez-vous pas un billet de bus pour quelques centaines de kilomètres ? Il n’y a rien entre ici et là. C’est ce que font la plupart des backpackers. Tom Parry.

Il faut rouler plus de vingt mille kilomètres pour faire le tour de l’île principale, soit plus qu’il nous en a fallu pour venir jusqu’ici durant une année de voyage. Avec une superficie de 7.686.850 kilomètres carré (soit onze fois la France), le pays s’étend à l’infini entre des petits riens et des grands vides avec, paradoxalement, beaucoup de choses à voir.
Nous décidons de faire de l’autostop avec nos vélos lourdement chargés, ce qui suppose de bien choisir les véhicules susceptibles de nous prendre en charge et le 4×4 est le minimum requis. Aux aguets sur les bords de route ou dans les stations-service, nous choisissons minutieusement nos objectifs avant de lever le pouce. L’entreprise s’annonce un peu difficile, mais elle se révèle très vite riche en rencontres et nous permet de découvrir une spécialité des Australiens : ce sont de grands voyageurs.

À quelques distances de la maison de Kingsley, John devient notre premier convoyeur. Avant de prendre sa retraite de militaire, il était muté tous les deux ans dans une région différente du pays : Brisbane, Cairns, Alice Springs, Perth. Son travail lui a permis de découvrir et connaître l’Australie mieux que beaucoup d’autres. Durant trois cents kilomètres en sa compagnie, nous en apprenons un peu plus sur ce sous-continent. Nous lui demandons s’il ne veut pas profiter de la retraite pour partir à l’étranger.
« À l’étranger ? Pourquoi faire ? Il y a tout ici et encore tant de choses à découvrir. Non, je n’ai vraiment pas besoin d’aller ailleurs. »

À Katherine, un vieil homme s’arrête près de nous. Il veut bien nous conduire plus loin mais il n’est pas sûr que ça en vaille la peine :
« Je m’arrête juste à côté, ça ne vaut pas le coup de monter.
– Qu’entendez-vous par « juste à côté » ?
– Je vais au prochain village, à seulement cent kilomètres. Ça ne sera pas intéressant pour vous. »

Nous n’avons pas la même notion des distances ! Nous chargeons allè-grement les vélos dans sa camionnette. Commence alors un des trajets les plus animés de toute notre histoire d’autostoppeur. Son accent est tout à fait incompréhensible et malgré nos efforts pour le comprendre, la conversation va être ponctuée de beg your pardon et de sorry :
« IliveinMatarankabutIgotoKatherinealmosteverydaytobuymybread.
– I beg your pardon ?
– IliveinMatarankabutIgotoKatherinealmosteverydaytobuymybread.
– Sorry, could you repeat slowler ? (Pardon, pourriez-vous répéter plus lentement ?)
– IliveinMatarankabutIgotoKatherinealmosteverydaytobuymybread.
– Ah, yes… »

Nous comprenons tout de même qu’il doit parcourir quasi quotidiennement la route qui le mène à Katherine pour y faire ses courses ou voir des amis. Cela ne semble pas le déranger. Nous commençons à réaliser qu’en Australie, on parcourt cent kilomètres comme on en parcourt dix en France. Cent kilomètres, c’est vraiment la porte à côté.
En nous déposant à Mataranka, notre ami fermier nous souhaite bon courage.
« Beaucoupd’autostoppeursfinissentparprendrelebusici.Vousavezdela chancesiquelqu’unvousprend. Goodluck, boy ! »

Mataranka est la capitale du Never Never, un terme utilisé pour décrire cette région qui fait partie des endroits les plus arides et reculés de l’Australie. Avec ses deux cent cinquante habitants, cette capitale est à l’image de tous les villages perdus dans l’immensité entre Darwin et Townsville. On y trouve deux stations-essence, un hôtel, une supérette, deux grands parkings et rien d’autre. Des localités telles que celle-là sont sporadiquement dispersées le long de la route allant à Alice Spring. À raison d’une tous les cent kilomètres, elles servent de jalons sur une route qui n’en finit pas. Après quelques heures d’autostop infructueuses, nous entendons le vent nous fredonner un poème de Barcroft Boake : Where the Dead Men Lie :

Out on the wastes of the Never Never
That’s where the dead men lie !
There where the heat-waves dance forever
That’s where the dead men lie ! (1)

Le Never Never est un endroit où personne ne voulait aller, mais que ses habitants ne voulurent finalement plus quitter. C’est un lieu où nous n’avions jamais pensé venir et duquel nous avons l’impression que nous ne pourrons jamais plus repartir, tant il est loin de tout. Pourtant, la route est fréquentée par des voitures tirant parfois des caravanes grandes comme des maisons, ou encore des camping-cars innombrables, des bus personnels et des sortes de camping-camions inconnus sur nos routes européennes. À première vue, nous n’aurions que l’embarras du choix. Mais ce qui était possible en Asie l’est moins ici. Les Australiens, pourtant sympathiques, souhaitent nous aider mais ils obéissent à la règlementation routière, sous peine d’amendes atteignant facilement plusieurs centaines de dollars. Il n’est pas question de charger deux cyclovoyageurs à l’arrière d’un pick-up, ni même de se serrer à trois sur deux sièges à l’avant. Il est également interdit de conduire avec deux personnes à l’arrière d’un camping-car ou dans une caravane s’il n’y a pas de sièges équipés de ceintures de sécurité. Ils n’ont finalement pas de place pour nous dans leurs véhicules pourtant grands comme des maisons… Nous devons nous l’avouer, l’Indonésie et ses vingt-cinq passagers entassés à l’intérieur d’une camionnette vient à nous manquer…

L’Australie nous paraît de plus en plus immense à mesure que les heures passent dans le Never Never. Nous avons comme uniques compagnons les Aborigènes que nous voyons émerger des fourrés avoisinants. Ils passent leur journée dans les parcs à attendre. Certains s’occupent en buvant ; ceux-là nous accostent généralement pour nous demander si nous n’aurions pas quelques dollars, en nous envoyant au visage les relents d’une haleine fétide. Les autres s’assoient en groupes à l’ombre des arbres, se disputent en criant et attendent le soir pour regagner leurs habitations. Nous avons vu beaucoup d’Aborigènes depuis Darwin, nous en avons aussi beaucoup entendu parler. La ségrégation sévit fortement. Les Blancs ne parlent-ils pas de « leur pays » lorsqu’ils évoquent les territoires appartenant aux Aborigènes ? La mixité est rare, chacun vit de son côté et à sa manière. À vrai dire, ils ont des attitudes peu rassurantes. Comme il ne peuvent pas boire de l’alcool dans « leur pays », ceux qui veulent se saouler viennent « chez les Blancs ». Ils errent ainsi sur les trottoirs ou dans les parcs. Ils parlent fort et n’ont pas un regard particulièrement rassurant. Vêtus de shorts et de tee-shirts sales et déchirés, la démarche chaloupante, les cheveux emmêlés, le visage marqué par une vie difficile, ils nous font penser à un peuple du tiers-monde parachuté dans un pays occidental : perdus, sonnés, ne sachant que faire ni où aller, ils donnent l’impression d’errer dans un endroit qui ne leur convient pas et d’être à la recherche d’un lieu qu’ils ne trouveront plus jamais. Même s’ils se lèvent tôt, il semble que leur avenir ne leur appartienne plus. Nous sommes incapables d’aller à leur rencontre. Une barrière imaginaire nous sépare, celle qui délimite le territoire des colonisateurs blancs et celui des natifs déchus et méprisés. Ils furent eux aussi de grands voyageurs avant que James Cook n’arrive ici en 1788. Arrivés à pied depuis l’Asie il y a quarante mille ans, ils étaient les premiers habitants de l’île, vivaient de la chasse et de la cueillette, se déplaçaient parfois sur des milliers de kilomètres selon les saisons et les ressources des territoires qu’ils traversaient. Au XVIIIe siècle, ils étaient ainsi un million (trois cent mille selon d’autres sources) répartis dans cinq cents tribus nomades. Le temps a passé et les massacres perpétrés par les Blancs ainsi que les épidémies et l’alcool ont réduit leur nombre à cinquante mille individus.

Après une nuit passée près des sources d’eau chaude toutes proches, nous nous installons sur le bord de la route avec pour objectif de trouver une voiture avant le soir, sinon nous devrons prendre le bus. Et voilà que nous rencontrons un troisième type de voyageurs : les backpackers. Comme Sophie et Louis que nous voyons approcher à bord d’un van, ils sont des milliers à découvrir l’Australie au gré de leurs envies. Beaucoup achètent un modèle Volkswagen d’occasion pour des prix variant de deux à quinze mille dollars australiens.

Louis ouvre sa fenêtre et nous lance d’un air sceptique :
« Je ne suis pas sûr que ça passe. »
– Si si, ça va passer ! » Nous nous voulons optimistes.
« Bon, on peut essayer. Vous allez où ?
– On aimerait aller jusqu’à Alice Springs. »
Après avoir enlevé les sacoches, les pédales, les roues et les guidons, Maïdo et Teresa trônent entre l’évier et le frigo du van de nos nouveaux amis belges. En route vers le sud !

La plupart des backpackers ont en leur possession un Working Holiday Visa, un visa vacances-travail qui leur permet de travailler tout en découvrant le pays. En 2008, ils étaient cent trente-quatre mille. Ce n’est pourtant pas le cas de Sophie et Louis, qui sont tout comme nous des voyageurs au long cours. En transit entre l’Amérique du Sud et l’Asie, ils sont arrivés à Perth deux mois plus tôt et se rendent à Cairns pour y retrouver des amis. Comme les distances sont longues et le service rendu conséquent, nous décidons de partager les frais d’essence jusqu’à Three Ways. Au fil des heures qui se comptent maintenant en journées, nous évoluons dans l’outback australien. Confortablement installés à l’arrière du van, nous regardons défiler les paysages. Nous apprécions à la fois la bonne compagnie de Sophie et Louis et la rapidité avec laquelle nous avalons les kilomètres. Nous profitons de ce repos pour réfléchir plus posément à notre situation. De peur de connaître à Three Ways la même mésaventure qu’à Mataranka, nous décidons finalement de continuer le voyage en leur compagnie jusqu’à Townsville. Les six cents kilomètres initialement prévus vont se transformer en une épopée de plus de deux mille kilomètres. Tant pis pour Alice Springs.
Du Never Never à Townsville, Léon (ainsi ont-ils appelé leur van) avale les kilomètres à raison d’une centaine par heure. La route transperce l’immensité de l’Australie. Les lignes droites de plusieurs dizaines de kilomètres se suivent et se ressemblent. Les paysages évoluent peu, passant insensiblement de forêts clairsemées à de grandes plaines d’herbe jaunie. La route est un couloir bordé de milliers de kilomètres de barbelés derrière lesquels des chevaux, des bovins et parfois même des brebis se dispersent sporadiquement. L’espace que nous traversons n’est donc pas « sauvage » comme on pourrait s’y attendre, même s’il est peuplé de crocodiles, wallabys, cochons ou kangourous. Les Australiens ont clôturé ces étendues d’herbes et de forêts clairsemées pour en faire des exploitations agricoles. À Tennant Creek, nous passons tout près de la deuxième plus grande ferme d’élevage d’Australie. Avec une superficie de seize mille kilomètres carrés (soit deux fois celle de la Corse), Alexandria Station élève chaque année entre cinquante-cinq et soixante mille veaux. Elle est pourtant bien plus petite que Anna Creek station qui, avec ses vingt-quatre mille kilomètres carrés, est la plus grande ferme pastorale au monde.
À bord de Léon, nous passons d’une ferme à l’autre tous les cinquante ou cent kilomètres à en croire les passages canadiens (barres de fer disposées au sol qui permettent le passage d’une voiture mais qui arrêtent le cheptel) posés en travers de la route. Mes pensées vont vers l’Auvergne. Avec leurs quarante vaches élevées sur une centaine d’hectares, mes parents font figure de petits paysans face à ces industries de l’élevage…

Le paysage change à partir du troisième jour, l’horizon se rétrécit sur les rideaux d’arbres de la forêt qui se densifie peu à peu et Townsville nous apparaît. Arrivés en Australie depuis une semaine, nous sommes déjà sur la côte est ! Cela n’aurait sans doute pas été possible sans Sophie et Louis, qui nous ont recueillis fort opportunément. Eux vont à Cairns, vers le nord, nous à Sydney vers le sud. Nos chemins se séparent là.

Si les moyens de transport ne sont pas très nombreux dans le désert australien, il est tout de même important de noter que l’un d’eux domine tous les autres : le road train. Tirant jusqu’à quatre remorques, ces camions sont les maîtres de la route et la hantise des cyclovoyageurs. Ils n’ont pas pour habitude de freiner en doublant un cycliste, ni lorsqu’un wallaby traverse la route à en croire le nombre de cadavres gisant sur le bord de la chaussée. Seules les vaches leur font peur, ce sont les seuls animaux susceptibles de faire d’importants dégâts en cas de choc frontal. Ils consomment un litre de gazole pour parcourir huit cents mètres et assurent le transport du fuel, des minerais ou de tout autre denrée entre le nord et le sud en moins de quatre jours. Arrivés à Townsville, ils deviennent des « véhicules longs » et continuent leur route vers le sud ou le nord. Nous en avons croisé un grand nombre et même à bord du van la tension montait chaque fois qu’un de ces trains routiers nous doublait. En comptant les remorques, nous nous fredonnions mentalement un air de Marinette de Georges Brassens :
Avec mon p’tit vélo j’avais l’air d’un con, ma mère,
avec mon p’tit vélo j’avais l’air d’un con.

À Townsville, nous rencontrons un couple d’Australiens à la retraite. Ils font partie des Grey Nomads, les nomades aux cheveux gris. Il s’agit de « personnes âgées, souvent à la retraite, qui voyagent à travers le pays en vivant dans une caravane ou un camping-car ». (2) Une petite plaque collée à l’arrière de leur véhicule porte les inscriptions Spending my Kids Inheritance Now. Ces jeunes retraités dépensent l’héritage de leurs enfants sur les routes. Ils veulent profiter de la vie après avoir travaillé dur. Leur but est de faire the big lap, la grande boucle, le tour du pays. Ils ont, en général, vendu leur maison pour acheter le véhicule de leur rêve. L’immensité de l’Australie est telle qu’il leur faut plusieurs années, plusieurs décennies même, pour découvrir leur propre pays. Ceux que nous rencontrons sur un parking de supermarché ont commencé leur voyage il y a quatorze ans et ne comptent pas s’arrêter de sitôt. Lorsque le besoin s’en fait sentir, ils s’arrêtent dans une région pour y trouver du travail. On a déjà vu beaucoup de grey nomads en train de réguler la circulation dans les zones de travaux, de remplir les rayons des supermarchés ou de nettoyer les allées des jardins et parcs. Ils vivent chichement et se plaisent eux aussi sur la route, curieux de paysages et de rencontres. Ils ne courent pas après l’argent mais veulent simplement profiter de la vie tant qu’il en est encore temps.
« Il y a plein de riches dans les cimetières, » nous dit l’un d’entre eux. « Ont-ils profité de la vie ? »
– Vous prêchez des convaincus ! »

Un de leurs plus grands plaisirs, nous disent-ils avant de nous quitter, est de voir leurs amis du même âge, vieillissant devant leur télévision alors qu’eux ont l’impression de toujours rester jeune. Si le voyage forme la jeu-nesse, il sait aussi la préserver.

Nous alternons maintenant le vélo et l’autostop. Selon nos envies, nous effectuons de vingt à cent kilomètres par jour. Un matin, dans une station-service, nous rencontrons Reg qui accepte de nous prendre à bord de sa camionnette durant les cent prochains kilomètres. Si lui aussi voyage beaucoup, ce n’est pas pour dépenser son argent, mais plutôt pour en gagner. Un mercredi sur deux, il rejoint son lieu de travail, une mine d’or située à mille kilomètres au nord. Il y reste une semaine et y travaille douze heures par jour pour un salaire de quatre-vingts dollars de l’heure. Il revient chez lui le mercredi suivant et se repose une semaine. Âgé d’une trentaine d’années seulement, il compte faire ce travail encore quelques temps avant d’en trouver un autre moins éreintant.
Un autre jour, en quête d’un endroit où planter notre tente après avoir pédalé toute la journée, nous rencontrons James. La cinquantaine, il travaillait ce matin à Bowen, une petite ville située deux cents kilomètres plus au nord. Il nous conduit jusque chez lui, à trois cents kilomètres de là, vers le sud. Il parcourt régulièrement un demi-millier de kilomètres par jour pour se rendre sur un chantier ; il aime conduire. Après le dîner, il déploie la carte de l’Australie sur la table. Il a tracé en traits de couleurs les parcours des voyages qu’ils ont faits sa femme et lui. L’an dernier, ils ont parcouru quatorze mille kilomètres pour boucler la distance Mackay-Perth-Darwin-Mackay. À leur grand regret, ils ne disposaient que de six semaines de vacances. Une autre année, ils n’ont fait que dix mille kilomètres pour visiter le sud du pays et il leur en reste un sentiment d’inachevé. À croire que la réussite des vacances tient au nombre de kilomètres affiché au compteur. Dix mille est un minimum, quatorze mille est un chiffre respectable, vingt mille représente le nirvana, le comble du bonheur. En Australie, plus on brûle d’essence et plus on est heureux…

À Rockampton, nous rencontrons Jim, un routier transportant des bateaux. Nos vélos chargés près d’un voilier sur son camion oversize, nous nous hissons dans sa cabine et nous l’écoutons raconter sa vie. Une fois par semaine, il effectue la liaison entre Darwin et Brisbane, partageant la route avec des road train. À raison de dix heures de conduite par jour, il lui en faut trois pour parcourir les trois mille cinq cents kilomètres de distance. Il n’est pourtant pas le plus large sur le bitume. Nous devons nous arrêter pour laisser passer un convoi exceptionnel. En face de nous, un de ses confrères transportant un camion minier de marque Liebherr occupe la largeur de la route, escorté d’une dizaine de voitures et motos de sécurité…
Jim nous avoue qu’il évite de voyager pendant ses vacances. Il aime pêcher tout près de chez lui. Il préfère cette activité à la chasse qu’il ne pratique pas, de façon traditionnelle tout du moins :
« Pour ça j’ai mon camion » nous dit-il. « Si je veux manger du kangourou, je n’ai qu’à prendre le volant, ça m’assure 100 % de réussite ! »
Il a découvert son pays en travaillant et en connaît toutes les routes. Sa préférée est sans hésitation celle qui traverse la Nullarbor plain. Seul face à l’immensité, dans des lignes droites parfois longues de trois cents kilomètres, il aime évoluer sur les falaises du désert, dernier obstacle avant l’Antarctique.

Cette fois-ci, nous sommes suffisamment avancés pour pouvoir poursuivre notre voyage exclusivement à vélo. L’interlude en autostop se termine donc et il faut maintenant nous réadapter au rythme de nos pédalages. Il nous reste un peu plus de mille kilomètres à parcourir pour rejoindre Sydney. À vélo, nous découvrons un autre trait de caractère des Australiens. S’ils sont de sympathiques voyageurs, ils sont aussi de dangereux et redoutables conducteurs.

(1) Là-bas sur les friches du Never Never,
Voilà où reposent les morts !
Là-bas où les vagues de chaleur dansent pour toujours,
Voilà où reposent les morts !

 

(2) Macquarie Dictionary, 5ème édition.

 

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