Chapitre 74 : Cent dons de sang à Christchurch (Nouvelle-Zélande)


Chapitre extrait du livre « Nouvelles vagabondes » relatant notre aventure cyclopédique entre la France et la Nouvelle-Zélande.

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Nouvelles vagabondes, récit d'un voyage à vélo en Asie

La solidarité est le ciment qui lie les hommes entre eux au sein d’une même société. Émile Durkheim.

Le hasard a voulu que le dernier évènement de notre voyage en faveur du don du sang soit organisé à Christchurch. Pour nous, cela se résume à une rencontre avec un donneur. La cinquantaine passée, Kevin Chappell donne son sang depuis l’âge de vingt-et-un ans et c’est aujourd’hui la centième fois.

Le bras gauche tendu vers une poche de plasma qu’il remplit peu à peu, il nous explique ses raisons :
« C’est quelque chose que j’ai toujours fait, pour sauver des vies, et c’est aussi simple que ça. Je connais toute l’équipe du centre de transfusion et m’asseoir sur ce lit une heure par mois fait partie de mon emploi du temps. »

Cette rencontre est d’autant plus significative qu’elle a lieu à Christchurch, une ville meurtrie par les récents tremblements de terre. Depuis le 4 septembre 2010, la deuxième plus grosse ville de Nouvelle-Zélande a été frappée par trois séismes majeurs, détruisant le centre ville et tuant près de deux cents personnes. Le centre de la ville reste strictement interdit à la population. À l’intérieur, de nombreuses pelleteuses s’activent pour finir de raser les bâtiments détruits par le séisme ; la cathédrale en fait partie. Des parkings sont aménagés en lieu et place des immeubles sinistrés. De nombreux habitants ont fui la ville alors que d’autres attendent la reconstruction de leur maison.

Située à cheval sur la plaque Australienne et la plaque Pacifique, la Nouvelle-Zélande connaît une activité volcanique et sismique très importante et des tremblements de terre ont lieu de façon récurrente. Le plus important de l’époque moderne a été celui de Napier, le 3 février 1931. Ce jour-là, un séisme d’une intensité de 7,9 sur l’échelle de Richter avait tué deux cent cinquante-six personnes dans la région de Hawkes Bay et détruit la plupart des bâtiments.

Plusieurs villes comme Napier sont situées sur une ligne de faille importante et mises sous haute surveillance. La capitale elle-même s’attend à subir un séisme du jour au lendemain. D’importants budgets sont alloués pour le renforcement des bâtiments qui ne sont pas aux normes sismiques et chaque habitant de Wellington s’attend à ce qu’un jour le toit de sa maison lui tombe sur la tête. Ainsi, les dégâts liés à un séisme devraient être atténués car la population est bien informée des gestes qui sauvent.

Ce qui est vrai pour Wellington ne l’était pas pour Christchurch. Aucun géologue n’avait repéré la faille qui sommeillait sous ses flancs et le tremblement de terre du 4 septembre 2010 a été une surprise terrifiante pour ses habitants comme pour tous les Kiwis. Christchurch était pour tous la ville la plus sûre du pays. Mais si un tremblement de terre l’a ravagée, cela signifie qu’en réalité plus personne n’est à l’abri. La terre peut trembler n’importe où sans prévenir.

Kevin nous explique qu’il travaille justement à la reconstruction de la ville. Comme tous les habitants, il a été surpris par ce séisme mais il réagit avec philosophie. Il veut tout rebâtir en plus solide et en plus beau.
Rencontrer un donneur aussi déterminé dans cet endroit est riche en émotion. Personne n’est à l’abri d’un grave accident, d’une maladie ou d’un évènement particulier qui nécessitera une transfusion. Voilà pourquoi Kevin donne son sang depuis si longtemps.
Après ces terribles tremblements de terre, l’entraide des habitants permettra à la ville de se relever, à l’image des quarante-deux mille personnes qui reçoivent du sang chaque année en Nouvelle-Zélande. La solidarité est le ciment de notre société. Elle s’exprime de plusieurs façons et permet de rebâtir des villes détruites par un séisme ou de sauver des vies grâce au sang donné par ceux qui le peuvent…

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