Chapitre 77 : De notre faute ! (Nouvelle-Zélande)


Chapitre extrait du livre « Nouvelles vagabondes » relatant notre aventure cyclopédique entre la France et la Nouvelle-Zélande.

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Nouvelles vagabondes, récit d'un voyage à vélo en Asie

J’avais rencontré Richard en 2005. Il était à l’époque président du Rotary Club de Whakatane, une petite ville de la Bay of Plenty située sur la côte est de l’île du Nord. Je m’y étais arrêté pour me reposer et aussi pour mener à bien une action de promotion du don du sang. Richard avait arrêté de donner son sang depuis une vingtaine d’années, mais interpellé par mon voyage, il m’avait promis de recommencer. Je l’avais quitté en le remerciant pour l’accueil de son club et pour sa promesse.

Six ans plus tard, nous sommes à Whakatane. Nous retrouvons d’abord Madalene, mon hôtesse de 2005. La joie de retrouver des personnes rencontrées des années auparavant est toujours intense. Elle nous annonce que Richard doit arriver d’ici quelques minutes. Nous l’attendons autour d’un café. Il arrive enfin. En s’approchant de moi, il me montre un petit pansement dans le creux du coude et me lance, le ton enjoué :
« It’s all your fault ! » (Tout ça, c’est de ta faute !)
Avec une joie non dissimulée, il m’explique qu’il donne son sang tous les trois mois depuis notre rencontre en 2005. Il est heureux de faire ce geste et me dit qu’il ne l’aurait probablement jamais refait sans m’avoir rencontré. Il fait partie des fidèles donneurs de Whakatane et il ne manquerait une collecte pour rien au monde.

Cette nouvelle me bouleverse. Cela fait sept ans que je parcours les routes du monde à vélo pour promouvoir le don du sang. J’ai pédalé plus de cinquante mille kilomètres pour cette cause et j’ai rencontré des centaines de donneurs. Durant ce dernier voyage, nous avons effectué plus de vingt-cinq actions de promotion dans douze pays. Beaucoup de personnes ont donné pour la première fois après nous avoir rencontrés, d’autres ont promis qu’elles le feraient les jours suivants. Nous n’avons jamais pu le vérifier et les avons crus sur parole. Le fait de voir la petite trace de piqûre sur le bras de Richard m’émeut. Sa mine enjouée est une récompense inestimable. En revenant sur mes propres traces, je peux constater par moi-même les résultats de sept années d’efforts.

Il est toujours difficile de savoir quel impact nous avons réellement en voyage. Notre passage est-il vraiment efficace pour promouvoir le don du sang ? Les personnes qui lisent notre histoire sur les journaux, qui nous écoutent à la radio ou qui nous voient à la télévision sont-elles vraiment interpellées par notre message ? Une chose est sûre : depuis 2005, Richard a donné son sang près de vingt fois, par ma faute, ou grâce à moi peut-être.

Certes, ce voyage n’a pas été de tout repos. Nous avons pris conscience que nous vivons dans un monde parfois effrayant, notamment à cause de la pollution engendrée par les activités humaines. Mais cette nouvelle aventure est aussi source d’espoir. Nous avons pu constater que la solidarité s’exprime dans tous les pays. Partout, hommes et femmes viennent donner un peu d’eux-mêmes pour aider leur prochain. Il est rassurant de voir que dans la folie du monde actuel, où tout s’emballe, où tout le monde court, des gens prennent le temps de s’allonger quelques minutes pour donner leur sang. En quittant Whakatane, la beauté de certains gestes humains me remplit le cœur. Je suis aujourd’hui convaincu qu’il y a sur cette planète beaucoup de personnes comme Richard..

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